8 novembre 2018
50 Ironman pour Heynemand

Le 13 octobre dernier, le Prairiquois Pierre Heynemand Jr a complété son 50e Ironman. « Chaque fois que je traverse la ligne d’arrivée, c’est une satisfaction immense et je peux me dire avec fierté que j’ai encore passé au travers, malgré les conditions météorologiques parfois difficiles et le temps qui passe», a commenté l’athlète qui aura bientôt 52 ans.

 En moyenne, Heynemand a mis un temps de 9h36m pour compléter chacune de ces épreuves extrêmement difficiles musculairement qui consistent en 3.8 km de natation, 180.2 km de vélo et un marathon de 42.195 km. 

« Je vais en faire tant que mon corps va me le permettre. Le jour où je vais arrêter, ça sera en raison d’une blessure importante.» En effet, si pour plusieurs l’Ironman est un objectif ultime qui ne sera réalisé qu’une seule fois, pour Heynemand, c’est un mode de vie. 

«Au fil des années, le triathlon est devenu une partie prenante de mon quotidien. Me réveiller très tôt le matin pour aller m’entraîner avant le travail et poursuivre l’entraînement en soirée ce n’est pas un sacrifice pour moi, c’est comme ça que je vis. »

Tout a commencé quand il a écouté un reportage sur l’Ironman d’Hawaï vers l’âge de 19 ans, «je savais que c’était ça que je voulais faire». Il effectuait déjà du vélo et de la course à pied, mais ne savait pas nager, car il avait failli se noyer étant très jeune et était resté avec une peur de l’eau longtemps. 

Il a entrepris des cours de natation, afin d’intégrer le club de natation du Cégep à Joliette, dans lesquels il était avec des jeunes de dix ans. «Les parents pensaient que j’étais le professeur!» Puis, avec beaucoup de détermination il a intégré le club et est passé du pire nageur à un nageur respectable. «Pendant des années, la natation a été ma faiblesse et maintenant, elle fait partie de mes forces!» 

Un premier essai échoué 

C’est vers 22 ans que Pierre Heynemand a tenté d’effectuer son premier Ironman. « J’étais trop jeune pour faire cela avec l’information et les connaissances que j’avais», a-t-il expliqué  avant de rappeler qu’Internet n’existait pas et que sa seule source de documentation était une revue en anglais, publiée une fois par mois, sur le triathlon. 

Après le parcours de vélo, et quelque 20 km de course à pied, l’équipe médicale l’a sorti du parcours. « J’avais négligé tout le volet nutrition et fait une hypoglycémie ». Dans une épreuve de plus de 9h, l’alimentation est cruciale et l’estomac doit aussi être entraîné pour tout bien digérer. Bien sûr, celui-là ne compte pas parmi ses 50 Ironman.  

Heynemand a fait «ses devoirs» et l’année suivante il était de retour pour un Ironman à Montréal. Beaucoup mieux préparé, il a goûté au succès pour la première fois et a terminé en quatrième position. Depuis, il a participé à plus de 300 épreuves de toutes sortes et est monté sur le podium lors de tous ses Ironman. 

Après trente saisons de triathlon, l’athlète n’a rien perdu de sa forme physique, « Quand je suis sur la ligne de départ, je n’ai pas l’impression que j’ai 52 ans. Je « race » avec les jeunes comme si j’en avais vingt et j’ai du plaisir!»

Heynemand a d’ailleurs réalisé un record personnel lors de son 50e Ironman. 

À la recherche d’une journée parfaite

C’était à Kona, à Hawaï, lors du Championnat du monde de triathlon, que l’athlète a réalisé cet exploit. Comme il s’agit de l’événement le plus prestigieux dans le monde du triathlon, Heynemand avait calculé ses compétitions depuis les deux dernières années pour qu’Hawaï concorde avec son 50e Ironman. Il s’agissait également du 40e anniversaire des Ironman à Kona et de la 30e saison de compétition d’Heynemand.  

« J’aurais tellement aimé terminer premier de ma catégorie, vous n’avez pas idées, mais j’ai eu des crampes de façon très importante dans la deuxième partie du marathon. » Cela l’a ralenti, mais il a tout de même réussi à terminer 4e de sa catégorie et à monter sur le podium. Même s’il n’a pas gagné, il ne peut pas être déçu, puisqu’il a battu son meilleur temps à vie à Hawaï en terminant en 9h24m.  

« J’ai vraiment souffert à tenter de supporter la douleur. J'ai dû puiser dans ma motivation en pensant très fort à ma famille, mes amis, mes élèves et à mon personnel à qui je demande de donner le meilleur d'eux. »

Il s’agissait de la troisième fois qu’il montait sur le podium à Hawaï. Maintenant, son objectif est de trouver «la journée parfaite». Celle où les astres seront alignés et que les conditions météorologiques et son degré d’intensité lui permettront de gagner la compétition. « Je sais qu’elle existe! » 

Pour Heynemand, le plus difficile n’est pas la compétition, mais la préparation.

Ses Ironman préférés

Bien que le Ironman d’Hawaï soit très prestigieux, c’est le Ironman du Mont-Tremblant qu’Heynemand préfère. « Selon moi, c’est le plus beau au monde. La natation se fait dans un lac et le parcours de vélo est vallonné et composé de courbes, de montées et de descentes. » Il n’a manqué aucune édition des Ironman du Mont-Tremblant. En deuxième position, c’est l’épreuve du Wisconsin qu’Heynemand a choisie. « C’est une ville universitaire et tous les élèves sont là pour nous encourager, c’est fou l’ambiance qu’il y a. Je n’ai jamais vu autant de spectateurs. Les gens amènent leur barbecue, ils sont déguisés, la fête est vraiment prise!»

Un ambassadeur 

L’une des plus grandes motivations de Pierre Heynemand est de montrer l’exemple aux plus jeunes et de les inspirer. « Je veux être un ambassadeur des saines habitudes de vie. Si je fais ce sport et que j’ai le plus beau métier du monde, c’est parce que quelqu’un m’a amené sur le bon chemin et m’a fait prendre conscience de l’importance de l’activité physique. Je veux que les jeunes se prennent en main, restent à l’école et persévèrent afin qu’ils puissent, eux aussi, avoir le meilleur métier du monde, celui qu’ils auront choisi. »