10 janvier 2019
Elle sème la chaleur dans le cœur des plus démunis

Sophie Paradis a choisi de faire une différence dans la vie des gens qui vivent dans la rue en leur distribuant un peu de réconfort. Depuis trois ans, l’étudiante de Saint-Félix-de-Valois prépare avec soin des sacs contenant des vêtements chauds, de la nourriture, de l’eau et des articles d’hygiène et les répartit aux gens dans le besoin presque tous les trois mois.

« J’ai une voiture, une maison, des vêtements, vraiment trop de vêtements même et je trouve ça injuste que d’autres soient dans la rue et n’aient rien. J’aimerais tellement qu’ils puissent avoir ce que j’ai», a commenté la jeune femme de 19 ans. Elle a entamé cette belle tradition lorsqu’elle était en secondaire 5 pour son projet de fin d’études. 

« Il y avait des élèves qui voulaient faire de l’aide humanitaire à l’international, mais il y a tellement de gens près de nous qui ont faim ou froid, alors pourquoi ne pas les aider en premier ? » Lors de cette première expérience, elle a fait 150 sacs qu’elle est allée distribuer à Montréal. En dix minutes, tout était parti.  

Elle se souvient d’un homme qui est venu la voir en lui disant que ce geste avait fait sa journée. Il lui a ensuite fait un câlin avant d’enfiler le chandail et la tuque qu’il venait de recevoir. « Son visage s’est illuminé d’un grand sourire, il avait l’air vraiment bien!»

C’est pour voir ce genre de réactions qu’elle préfère amasser des dons et aller les distribuer en mains propres plutôt que les donner à un organisme. L’expérience l’a tellement touchée, qu’elle a décidé de recommencer. Elle prépare présentement ses sacs afin d’y retourner à la mi-janvier, là où selon elle les besoins sont les plus grands. « Je me rends seulement à ma voiture et j’ai les pieds gelés, alors je n’imagine même pas ceux qui vivent dehors et qui ont des trous dans leurs vêtements.»

Elle tente d’amener des gants, des bas, des manteaux et des bottes, mais aussi des brosses à dents, de la pâte à dents, du savon, des débarbouillettes et des bouteilles d’eau. Elle essaie de mettre dans chaque sac un article qui les aidera à se sentir mieux, comme du parfum. « Une fois, une dame a mis la chemise et le rouge à lèvres qu’elle a reçus et s’est exclamée: Wow, je suis tellement belle! Ça aussi ça fait une différence.» 

Sophie fait notamment ses provisions dans les comptoirs vestimentaires de la région où elle a parfois de belles surprises. « Quand je suis allée acheter des vêtements à Saint-Ambroise, ils ont décidé de tout me donner pour mon projet. Ça prouve qu’ils sont vraiment là pour la communauté et qu’ils sont solidaires. »

Lors de la distribution, elle mentionne qu’au départ, les gens sont gênés, mais que rapidement, elle se retrouve entourée d’une vingtaine de personnes qui souhaitent avoir ses sacs. D’une visite à l’autre, il lui arrive de revoir des visages connus, mais ça ne lui fait pas plaisir, puisque cela représente que leur situation n’a pas évolué.

Un regard qui fait la différence


L’étudiante dénonce les préjugés que les gens peuvent avoir envers les gens qui vivent dans la rue. «On dit souvent qu’ils ont choisi d’être là, mais ce n’est vraiment pas le cas de tous et plusieurs aspirent à mieux.» Elle a discuté avec un homme qui lui a raconté son histoire. Un homme d’affaires prospère qui a perdu sa maison dans un divorce. Il est ensuite tombé en dépression et a perdu son emploi. N’ayant pas de famille vers qui se tourner, il s’est retrouvé à la rue.   

«Ça m’a ouvert les yeux, il a travaillé tellement fort pour bâtir sa vie et les circonstances lui ont tout enlevé, ça pourrait arriver à n’importe qui. Probablement que s’il avait eu l’aide nécessaire au moment où c’est arrivé il n’en serait pas là aujourd’hui…» 

Après cette discussion avec elle, l’homme lui a mentionné que juste le fait de lui avoir parlé lui avait fait beaucoup de bien. « C’est tellement simple de juste prendre cinq minutes de son temps pour jaser avec eux et ça peut avoir des grosses répercussions. Les gens les ignorent, mais ce sont des êtres humains! Ça pourrait être votre ami qui se retrouve dans cette situation. » 

Elle ajoute que la pauvreté est beaucoup plus près qu’on le pense et qu’il peut y avoir des familles de notre entourage dont la mère ne mange pas pour nourrir ses enfants. Son objectif est que le plus de gens possible s’unissent pour aider, mais aussi que les gens dans le besoin n’aient plus honte de demander du soutien. 

«Les personnes n’osent pas demander de l’aide, car quand elles le font elles réalisent qu’elles sont réellement dans le besoin et souvent elles ne veulent pas l’accepter, mais elles doivent le faire pour leur santé et celle de leurs enfants, sinon ça pourrait avoir des conséquences sur leur avenir», a terminé celle qui complète son programme Techniques en éducation spécialisée au Cégep à Joliette.


Elle demande l’aide de la population


Afin de récolter le plus de dons possible, Sophie Paradis demande l’aide de tous. Les gens qui veulent donner des vêtements ou des produits peuvent la contacter par sa page Facebook et elle a aussi créé une campagne de sociofinancement. « On dirait que les gens sont un peu craintifs de donner, ils ont peur que je garde l’argent, mais je conserve toutes mes factures et il n’y a rien qui me revient. Je dépense même beaucoup de ma poche pour mon projet», a-t-elle tenu à souligner. Sophie sollicite également des compagnies afin d’avoir des produits gratuits ou à prix réduits pour mettre dans ses sacs. Elle termine en mentionnant qu’un simple don de 5$ l’aiderait énormément dans son objectif de semer un peu de bonheur.


Sophie Paradis lors d'une distribution.

Des petits gestes qui font la différence.

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