10 janvier 2019
Un peu de foin, beaucoup de broche

Photo: Hugo Lacroix

C’est ça, la recette du Trèfle noir, écrite en toutes lettres sur les murs de la microbrasserie de Rouyn-Noranda: un lieu un peu broche à foin, assumé, qui laisse la convivialité faire son œuvre et façonner quelque chose de typiquement abitibien.

En Abitibi, on aime quand les gens ne se prennent pas au sérieux. Les lieux publics sont très décomplexés. Au Trèfle, c’est la même chose. Ça crée des soirées magiques et le party pogne souvent entre les tables», raconte Mireille Bournival, copropriétaire du Trèfle noir.

L’Abitibienne et son chum Alexandre Groulx, le brasseur, sont venus s’installer en région un peu avant 2009 pour bâtir une entreprise «qui allait durer». À 25 ans, Alexandre avait déjà brassé trois ans chez McAuslan, à Montréal, et fait ses classes au Québec et à Chicago, mais il souhaitait avoir son propre terrain de jeu. La voie était complètement libre en Abitibi, et Rouyn-Noranda était mûre pour sa première microbrasserie.

«Le jour de l’ouverture, les gens attendaient dehors et quand on a ouvert les portes, ça s’est rué comme au Boxing Day. On a ouvert les robinets et on ne les a pas arrêtés de la soirée. Ça roulait tempête! raconte Mireille. Après quelques heures, on était presque découragés; on s’est dit qu’on devrait sûrement fermer dans trois jours parce qu’on n’aurait plus une goutte de bière à servir.»

Rapidement, le Trèfle noir a été investi par les gens de la région (et la bière n’a jamais manqué). Un fort sentiment d’appartenance s’est installé, car comme avec à peu près tout ce qui se passe en Abitibi-Témiscamingue, la fierté des gens réussit à soulever les initiatives. Ils deviennent naturellement les ambassadeurs des produits et des projets locaux.

«Quand on imaginait notre broue-pub, on avait en tête quelque chose de très convivial. On ne voulait surtout pas devenir un repaire d’initiés ou de gens qui ont les moyens de se payer de la bonne bière.» Leur bonne bière, ils la voulaient démocratique, martèle Mireille, et ce principe a permis de faire naître un environnement de dégustation dans lequel toutes sortes de personnes se côtoient sans jugement, à l’abitibienne. «Il y a ceux qui sortent du bureau pour un 5 à 7, à côté d’une table de bûcherons, pas loin du gars de la Fonderie Horne qui finit son shift et qui vient jaser au bar… Les gens se sentent chez eux. Tout le monde s’en fout si tu portes une tuque orange flash, une suit de ski-doo, des shorts hawaïennes ou un chapeau de paille, ou que 25 métalleux débarquent la face maquillée en noir et blanc.»

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